Les campagnes de vaccination infantile ont enregistré une progression modeste à l’échelle mondiale en 2025. Toutefois, malgré une amélioration des indicateurs, des millions d’enfants demeurent exposés à des maladies évitables, sur fond de conflits armés, de déplacements de populations, de pauvreté persistante et de réduction des financements internationaux, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Les données publiées mercredi par les deux agences onusiennes montrent que 90 % des enfants dans le monde, soit environ 116 millions, ont reçu en 2025 au moins une dose du vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC). Dans le même temps, 85 % des enfants ont achevé le schéma vaccinal complet composé de trois doses. Ce rapport démontre une légère amélioration par rapport à l’année précédente.
Cependant, les niveaux observés en 2025 restent inférieurs d’un point à ceux enregistrés en 2019, avant que la pandémie ne perturbe durablement les systèmes de vaccination. Pour la directrice générale de l’Unicef, Catherine Russell, ces progrès demeurent insuffisants face à l’ampleur des besoins. Dans un communiqué, elle souligne que « des millions d’enfants vulnérables restent privés de protection en raison des conflits, des déplacements de population et de la pauvreté », rappelant qu’« aucun enfant ne devrait contracter une maladie qui peut être évitée grâce à un simple vaccin ».
Programme de vaccination inachevée
Au-delà des enfants totalement exclus des programmes de vaccination, les agences des Nations unies observent également une augmentation du nombre d’enfants qui commencent leur calendrier vaccinal sans le mener à son terme, un phénomène particulièrement marqué dans les pays à faibles revenus.
À l’échelle mondiale, environ 7,3 millions de nourrissons ont ainsi reçu leur première dose du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche au cours de leurs premiers mois de vie, mais n’ont pas reçu leur première injection contre la rougeole, généralement administrée entre le neuvième et le douzième mois.
Pour Kate O’Brien, directrice du programme de vaccination de l’OMS, cette situation s’explique en partie par la circulation de fausses informations. « Nous pensons que cela est clairement lié, dans certains cas, aux informations erronées et trompeuses qui circulent au sujet de la vaccination contre la rougeole, ce qui suscite une vive inquiétude », a-t-elle déclaré.
Cette baisse de la couverture vaccinale intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des épidémies. Selon la responsable de l’OMS, le monde a connu l’an dernier « un nombre sans précédent de flambées épidémiques », avec une augmentation des cas de diphtérie, de choléra et de rougeole. Elle estime également que ces données constituent la première illustration concrète des effets des importantes réductions de l’aide internationale décidées par les États-Unis et d’autres pays.
L’étude met toutefois en lumière une évolution plus favorable dans les pays soutenus par Gavi, l’Alliance du Vaccin. Dans les 57 pays à faible revenu bénéficiant de son appui, la couverture vaccinale contre plusieurs maladies a atteint un niveau record. L’organisation prévient cependant qu’une diminution des financements consacrés à ses programmes pourrait compromettre ces avancées et entraîner de lourdes conséquences dans les prochaines années.