Le chanteur malien de 77 ans, Salif Keïta, a annulé ses prochains concerts en Afrique du Sud en raison des violences xénophobes visant les migrants africains. Son manager, Carolina Vallejo, de One World Records, a confirmé la décision à l’AFP mercredi.
C’est une décision douloureuse pour le chanteur. Salif Keïta, grand nom de la scène musicale malienne, a décidé d’annuler ses shows en Afrique du Sud en protestation contre les violences xénophobes qui s’y produisent depuis mi-mars 2026. « Je ne peux ignorer les informations faisant état de violences xénophobes contre nos frères et sœurs africains », a affirmé Keita dans une lettre ouverte.
L’icône malienne a précisé que sa décision ne constituait pas un rejet pur et simple de l’Afrique du Sud, mais une réaction aux violences visant des migrants venus d’autres pays africains.
« Pour être clair : je ne ferme pas la porte à l’Afrique du Sud. Je ferme la porte à la violence », a-t-il déclaré. L’artiste également exprimé sa préoccupation quant au sort des migrants qui, comme beaucoup d’autres, voyagent en quête de travail, de sécurité et de meilleures perspectives. Il a écrit : « Lorsque je vois des migrants être agressés, je ne vois pas de « politique ». Je vois des personnes en quête de travail, de sécurité et de dignité. Cela ne correspond pas à l’Afrique du Sud que je connais — cette Afrique du Sud qui a soutenu fermement le Mali et que Nelson Mandela a bâtie ».
Keita entretient un lien de longue date avec l’Afrique du Sud. En 1988, il s’est produit lors du concert hommage pour le 70e anniversaire de Nelson Mandela au stade de Wembley, à Londres, un événement qui a attiré l’attention du monde entier sur la lutte contre l’apartheid.