D’après ce que rapporte le média Radio France Internationale (RFI), le Parlement de l’ile Maurice a adopté mardi soir un amendement majeur du code pénal qui met fin à l’exception dont bénéficiaient les hommes poursuivis pour le viol de leur femme. Désormais, le viol conjugal est officiellement reconnu.
C’est une évolution importante du droit mauricien. En adoptant cet amendement, les députés entérinent le principe selon lequel le consentement reste indispensable, y compris au sein du mariage. C’est une réforme majeure et historique qui met fin à l’immunité et à l’exception dont bénéficiaient les époux poursuivis pour des actes commis sur leur conjointe.
Le ministre de la Justice, Gavin Glover, a insisté sur la portée symbolique et juridique de cette réforme. Selon lui, le mariage « n’est plus un bouclier » et il n’existe désormais aucune différence entre un viol commis par un époux sur sa femme et celui perpétré par un inconnu. Le mariage, qu’il soit civil ou religieux, ne pourra plus être invoqué comme moyen de défense par les agresseurs.
Également, le politique a défendu le durcissement des sanctions lorsque l’auteur est le conjoint, un partenaire intime ou lorsque la victime est enceinte, vulnérable, mineure ou victime de violences domestiques. Pour le gouvernement, la trahison de la confiance au sein du couple constitue une circonstance aggravante justifiant des peines plus lourdes, pouvant aller de dix à quarante-cinq ans de servitude pénale.
Dans les rangs de l’opposition, la députée du Front progressiste militant, Joanna Bérenger, a salué cette avancée, tout en regrettant une réforme jugée insuffisante. Elle estime que Maurice aurait dû adopter une loi globale sur les infractions sexuelles, plutôt que procéder par amendements successifs.