Réunis à Libreville du 9 au 11 avril 2026, les acteurs du secteur de la santé ont engagé une réflexion stratégique pour réduire la mortalité maternelle au Gabon. Avec en ligne de mire, l’exemple du Burkina Faso, dont les résultats jugés probants suscitent un réel intérêt.
Au Gabon, la lutte contre la mortalité maternelle franchit un nouveau cap. Ce jeudi 9 avril 2026, à Libreville, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, entourée de la Fondation Ma Bannière et des représentants du système des Nations Unies, a présidé l’ouverture d’un atelier consacré à l’élaboration d’une feuille de route pour une réduction accélérée de ce fléau.
Face à une situation préoccupante, les participants ont dressé un diagnostic sans concession. Le pays enregistre encore 99 décès pour 100 000 naissances vivantes, avec comme principales causes les complications liées à l’avortement, l’insuffisance d’équipements médicaux et les défaillances dans l’approvisionnement en électricité dans certaines structures sanitaires.
Dans cette dynamique, le Burkina Faso s’impose comme une référence. Intervenant en visioconférence, le ministre burkinabè de la Santé, Dr Robert Lucien Jeannot Claude Kargougou, a présenté les résultats obtenus par son pays : une baisse significative de la mortalité maternelle, passée de 787 décès en 1990 à 204 en 2025, soit une réduction de 69 %.
Ces performances reposent sur une politique volontariste de subventions et de décentralisation des soins. « L’État prend en charge 80 % des frais de soins prénataux, subventionne la décentralisation de la prise en charge et couvre 50 % des césariennes ainsi que des actes opératoires », a-t-il expliqué. Une approche qui a permis d’améliorer l’accès aux soins et de sauver de nombreuses vies.

À l’écoute de cette expérience, le Gabon entend adapter ces bonnes pratiques à son contexte. Trois recommandations majeures ont été formulées : renforcer la protection et l’autonomisation des adolescentes, développer et étendre le rôle des sages-femmes, et adopter une approche multisectorielle pour une réponse plus globale et efficace.
Au terme des trois jours de travaux, les autorités gabonaises ambitionnent de valider une feuille de route claire et opérationnelle. L’objectif est de traduire ces engagements en actions concrètes, afin d’améliorer durablement la santé maternelle et infantile. Un enjeu majeur pour le système de santé, mais surtout pour la protection de la vie des femmes et des enfants.