Namibie : « Aujourd’hui, entant qu’église, nous disons que ça suffit », le conseil des églises namibiennes proteste contre le féminicide et prône plus de discussion visant la santé mentale

Sur la route de l’avenue de l’Indépendance, le Conseil des Églises de Namibie a entamé une protestation pacifique dans le but urgent de réclamer justice pour les femmes et les enfants victimes d’abus sexuels et d’assassinat. Mais encore, cette manifestation avait aussi pour but de mettre en lumière une problématique encore très tabou dans le cercle religieux : la santé mentale. 

Les dirigeants des églises namibiennes ont appelés les communautés à parler plus ouvertement de la criminalité et des problèmes de santé mentale qui contribuent à la violence sexiste et au féminicide. Pour une telle initiative, il n’y a pas meilleur endroit pour briser le silence que la maison de Dieu.

« Oui, l’Église est un lieu sûr pour tous : pour les hommes, pour les femmes, pour les enfants, pour les membres de la communauté, etc », défend l’évêque Christopher Gaya, de l’Église méthodiste d’Afrique australe, qui figure parmi les voix les plus éminentes appelant à la responsabilité collective et à la guérison. « Sous l’égide du Conseil des Églises, de nombreuses structures et lieux permettent aux personnes de s’exprimer et de parler de leurs difficultés. La santé mentale est un sujet stigmatisé dans nos communautés, en particulier au sein de nos communautés »

Le secrétaire général du Conseil des Églises de Namibie, le révérend James Fredericks, a souligné que, malgré l’affluence modérée de la manifestation, son message reste valable : « Ça suffit ». « Aujourd’hui, en tant qu’Église, nous disons que ça suffit ; nous, en tant qu’Église, prenons position et disons : « Halte aux violences sexistes contre nos mères, nos filles et nos sÅ“urs ». 

L’évêque Frank Schütte, de l’Église évangélique luthérienne allemande de Namibie, a souligné l’urgence du problème, affirmant que les violences sexistes existent partout, sans exception économique. « Je suis ici parce que les violences sexistes sont toujours perçues comme un phénomène qui touche les communautés pauvres, mais elles touchent tout autant les plus aisées. C’est juste que les gens n’en parlent pas, et nous devons en parler, nous ouvrir et permettre aux gens de parler des injustices qui se produisent dans ce contexte ». 

Pas que des paroles, des actes

L’évêque Patrick Djuulume, du diocèse anglican de Namibie, a lu des extraits d’une pétition remise à l’inspecteur général de police Joseph Shikongo.

En effet, cette pétition appelle les forces de l’ordre et les décideurs politiques à intensifier leurs efforts pour endiguer la flambée croissante de violences sexistes. « La Namibie étant consciente de sa situation de violences sexistes et d’abus sexuels, nous nous sommes réunis aujourd’hui pour présenter notre pétition au général de police namibien, afin d’appeler à une action urgente contre les abus sexuels et les violences sexistes », cite l’évêque Patrick Djuulume.

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