Le régime militaire du Niger a tout récemment confirmé la suspension en 2025 des activités de 3 000 ONG et associations de développement locales et étrangères, sur les 4700 répertoriées, a annoncé le ministre nigérien de l’Intérieur à la télévision. Le régime militaire nigérien accuse régulièrement les ONG de manquer de transparence et de soutenir les «terroristes», des groupes armés qui minent plusieurs parties du pays.
Au Niger, la junte suspend près de 3 000 ONG, locales comme étrangères, dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité et les crises humanitaires. En 2025, les autorités avaient déjà interdit plusieurs ONG locales et internationales d’exercer dans le pays, leur reprochant notamment de ne pas avoir publié à temps leurs états financiers 2024 au Journal officiel comme exigé. «Nous étions à 4700 ONG, aujourd’hui nous sommes à 1800», a déclaré mardi soir à la télévision d’État le général Mohamed Toumba.
Plus de 330 ONG internationales étaient recensées au Niger, mais le nombre de celles concernées par les suspensions n’a pas été précisé. Le général Toumba a expliqué que ces suspensions relèvent d’un «assainissement» du secteur et que des «missions claires sont assignées» aux ONG qui doivent désormais «s’aligner sur les priorités nationales de développement».
Les ONG et associations avaient mobilisé en 2024 plus de 250 milliards de francs CFA (380 millions d’euros), selon les chiffres officiels. Le Burkina Faso, également dirigé par une junte partenaire du Niger au sein de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui inclut aussi le Mali, a adopté en 2025 une loi qui subordonne les associations à des obligations administratives strictes.