L’on rapporte que depuis le début du mois de mars, le Niger qui est pourtant un pays exportateur de pétrole et producteur d’or noir, est confronté à une pénurie inédite de l’essence Super, la plus utilisée de l’Etat.
La capitale nigérienne, Niamey, est paralysée ! Les files d’attente menant jusqu’à des stations-service se font de plus en plus longues, au point d’en être interminable.
Voici déjà plusieurs jours qu’une pénurie inédite d’essence frappe le pays. Si le Niger n’est pas étranger à ce type de crise, cette période se montre plus pénible que la précédente. En effet, cette insuffisance a d’abord touché plusieurs villes nigériennes avant de gagner la capitale d’où de nombreuses stations-service n’ont plus de carburant à vendre. Dimanche, dans le centre de la ville, le trafic routier a été moins dense que d’habitude. Les rares stations servant encore de l’essence sont prises d’assaut par des dizaines d’automobilistes et de motocyclistes.
Les raisons derrière cette pénurie
Selon Maazou Oumani, le directeur commercial de la Société Nigérienne de Pétrole (SONIDEP), deux raisons principales expliquent cette situation. D’une part, la levée de la subvention sur le carburant au Nigéria a entraîné une flambée des prix dans ce pays voisin, rendant impossible l’importation clandestine de l’essence nigériane vers le Niger. D’autre part, les efforts des Forces de Défense et de Sécurité ont permis, depuis plus d’un an, de stopper efficacement la fraude, qui représentait autrefois 40 à 50 % de la consommation nationale. « Aujourd’hui, toute la consommation repose sur les stations-service officielles », a-t-il précisé.
« toute la consommation du pays repose désormais sur la production nationale »
Depuis 2011, le Niger produit quelque 20.000 barils d’essence et gasoil raffinés par jour, et n’a jusqu’ici pas augmenté ses capacités. C’est juste l’année dernière que le pays a arrêté ses exportations. Dès lors, la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ), principale pourvoyeuse de carburant du pays, ne parvient à en livrer que 25 par jour. Pour combler le déficit, « nous procédons depuis un an à des importations, essentiellement du Nigeria », assure monsieur Aboubacar.