Le vendredi 23 mai 2025, l’ancien président de la République Démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a adressé un discours télévisuel à la nation dans un contexte de tensions politiques au sein du pays.
Joseph KABILA a été entendu et compris. Le politique de 53 ans, ex-chef d’Etat de la RDC, a offert une allocution dénonciatrice et offensive. En effet, suite à la levée de son immunité parlementaire par le Sénat congolais le 23 mai, ce dernier peut être désormais visé par des poursuites judiciaires pour des accusations de trahison et de crimes de guerre ; circonstance contre laquelle il a tenu à se défendre.
Dès le début de son discours, l’ancien président de la RD Congo fustige le régime de son successeur Félix Tshisekedi. Il accuse ce dernier d’avoir trahi l’alternance démocratique historique de 2019, qu’il présente comme l’héritage d’un « combat de plusieurs décennies« . Il considère que le pouvoir actuel a sombré dans une « dérive autoritaire« , marquée par la « concentration excessive du pouvoir » entre les mains d’un seul homme. « Nous assistons à une abdication générale des responsabilités constitutionnelles, c’est une trahison de la République », décrit-il.
Également, monsieur Kabila a insisté sur l’aggravation de l’insécurité dans l’est du pays. Il dénonce la présence de troupes étrangères, l’utilisation de milices communautaires et le recul de l’autorité de l’État, accusant le pouvoir de livrer la souveraineté nationale à des « forces étrangères et intérêts occultes« . Il cite les cas de massacres à Goma, Kilwa où des exécutions extrajudiciaires présumées auraient eu lieu et à la prison de Makala, à Kinshasa, après un soulèvement de détenus ayant conduit à des morts. D’après lui, ces épisodes révèlent une montée en puissance de la violence d’État, alimentée par un climat d’impunité et une instrumentalisation des forces armées au profit de l’exécutif en place. Il considère que l’armée n’est plus le bouclier de la nation mais un outil au service de la tyrannie.
Le politique s’exprime aussi sur ce qu’il désigne comme étant un « effondrement généralisé » sur le plan économique. Il accuse le gouvernement d’avoir précipité le pays dans une spirale d’inflation, d’endettement et de paupérisation. Il critique notamment la politique monétaire et la perte de contrôle des finances publiques.
Des solutions ?
Joseph Kabila propose la mise en place d’un « pacte citoyen« , articulé autour de douze engagements, parmi lesquels la restauration de l’État de droit, une garantie de la souveraineté nationale et un engagement autour d’une réforme des institutions.
Il appelle à une mobilisation pacifique et civique, qu’il estime nécessaire pour faire face aux défis actuels. “Rejoignez ce pacte pour sauver le pays”, martèle l’ancien président.