Plusieurs médias locaux du Sénégal ont rapporté l’arrestation de deux grandes personnalités nationale par la Brigade de recherches de la Compagnie de Keur Massar. Il s’agit de l’artiste Djiby Dramé et du présentateur de l’émission Quartier Général diffusée sur la TFM, Pape Cheikh Diallo, tous les deux soupçonnés d’avoir un penchant sexuel contre-nature.
D’après le média en ligne Seneweb, tout a commencé lorsque les enquêteurs ont démantelé un réseau de présumés homosexuels. En effet, une enquête judiciaire concernant plusieurs personnes soupçonnées d’« activités homosexuelles » a entraîné des perquisitions et la saisie de préservatifs et de lubrifiant, rapportent plusieurs médias locaux. Ces éléments ont été versés au dossier pour, selon les autorités, « approfondir les investigations » et « établir le contexte des faits présumés ».
L’implication de certaine célébrité dans cette affaire aurait été engendré par un certain Mamadou Gningue, premier incriminé arrêté, qui a dénoncé l’artiste Djiby Dramé comme étant son amant. Grâce à l’exploitation du téléphone du fameux musicien il a été révélé qu’il vivait secrètement en couple avec un banquier du nom de Doudou Lamine DIENG. Ce dernier avait auparavant dénoncé Pape Cheikh Diallo, l’animateur télé.
Au total, douze personnes ont été placées en garde à vue. Elles sont poursuivies pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH/sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui, selon les mêmes sources.
Intervention de l’association STOP HOMOPHOBIE
L’association de lutte contre la discrimination et la haine anti-LGBT STOP HOMOPHOBIE s’est fait entendre sur cette situation en publiant la veille, le 8 février, dans son site web officiel un article qui en plus de s’opposer à la procédure d’investigation appliqués par les autorités, clarifie des préjugés problématiques qui risquerait bien de déteindre sur la décision de justice.
« Dans ce contexte, la mise en avant d’objets de prévention tels que des préservatifs ou du lubrifiant interroge sur leur valeur probante dans une procédure pénale, ces objets étant légaux et largement utilisés dans le cadre de la santé sexuelle », souligne l’association. Pour elle, l’assimilation de matériels de prévention à des éléments suspects peut avoir des effets dissuasifs sur l’accès à la protection contre les infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH.
À ce stade, aucune décision de justice définitive n’a été rendue. Les personnes interpellées restent présumées innocentes. Les autorités n’ont pas communiqué officiellement sur l’usage judiciaire précis des objets saisis.
L’homosexualité est illégale au Sénégal, considérée comme un « acte contre nature » et punie de 1 à 5 ans de prison selon l’article 319 du Code pénal.