Ousmane Sonko, président de l’Assemblée Nationale depuis le 26 mai, a donné une conférence de presse le mardi 2 juin 2026 à Dakar pour discuter du nouveau gouvernement désigné par le chef d’Etat Bassirou Diomaye Faye, tout en revenant sur sa mésentente avec ce dernier, l’ayant coûté sa prestigieuse position de premier ministre.Â
Une nouvelle sortie médiatique du politique Ousmane Sonko fait, comme d’habitude, beaucoup parler. Lors d’un récent point de presse, le désormais président de l’Assemblée Nationale a partagé un peu plus en détail les quelques épisodes précédant son évincement de sa position de premier ministre par le Chef d’Etat du pays, Bassirou Diomaye Faye.
Une chose qui se savait déjà , et qu’il confirme enfin, est l’opposition du dirigeant Sénégalais Diomaye Faye à ses interventions publiques et médiatiques. Bien que le cinquième président du Sénégal a eu à défendre ouvertement les agissements de son premier ministre – parfois à son encontre -, tout en rassurant la nation sur la maintenance de leur amitié, la relation entre les deux hommes se décomposait minutieusement derrière les portes de la présidence.  » Il considérait qu’un certain nombre des positions que j’avais prises ces derniers temps l’incommodaient, posaient problème », explique Ousmane Sonko face aux caméras.Â
D’après lui, « le marigot était trop étroit » pour eux deux et donc, une séparation était à envisager pour régler leur différend. Le président du parti PASTEF confie avoir été la personne ayant suggéré cette initiative à mainte reprise, mais Diomaye Faye nettoyait avec un refus catégorique chacune de ses tentatives. il affirme :  » je lui ai proposé ça à trois reprises, notamment au sorti des élections législatives où j’avais conduit la liste de passifs qui étaient arrivés majoritaires avec plus de 80% des députés élus. Mais à chaque fois, il avait rejeté la solution, disant que ta place est à côté de moi, dans l’exécutif, parce qu’il y a beaucoup à faire », il partage.Â
Ousmane Sonko était donc prêt à délaisser son siège de premier ministre, mais souhaitait planifier au mieux son départ en travaillant pour la dernière fois avec son camarade Diomaye Faye sur le choix précis à prendre concernant la personne qui le succédera.  » J‘étais allé le voir pour lui proposer cette solution qui consistait de manière concertée à ce que je puisse me décaler moi vers l’Assemblée Nationale, qu’ensemble nous discutions pour choisir un premier ministre issu du parti parce que c’est le parti qui est majoritaire, que nous discutions à la formation d’un gouvernement et que nous puissions ensemble continuer à chemine », il confie. Au final, ceci ne s’est nullement fait et le 22 mai 2026, le politique apprendra en même temps que la population Sénégalaise son limogeage.Â
Il rassure ne pas en être vexé. « Cela ne m’a pas posé problème parce que c’est une solution que j’attendais depuis très longtemps. Mais je m’étais fixé une règle, c’est que la rupture ne viendrait pas de moi », il divulgue.
La brouille s’accentue
Malgré cette décision, la fâcherie entre Ousmane Sonko et le président Diomaye Faye ne s’estompe pas pour autant. En effet, seulement quelques jours après le renvoi de l’ancien premier ministre, des ministres du clan PASTEF ont reçu des convocations de la présidence pour des consultations en vue de la formation du nouveau gouvernement ; Ousmane Sonko admet avoir conseillé à ces derniers de ne pas y aller.Â
« S’il veut parler avec PASTEF, il faut qu’il passe par les canaux autorisés », dit-il en précisant que Pastef un parti organisé, structuré, avec un bureau politique, un président, un secrétaire général, un comex, un conseil national, des structures de base.  » S’il veut parler avec PASTEF, il n’a qu’à passer par le chemin indiqué et nous discuterions en ce moment. Il a refusé de le faire », a-t-il ajouté.
Les ministres sortant ont donc refusés de déferler à cette convocation, préférant la ligne d’un parti à la convocation du président de la République. Diomaye Faye a considéré cette action comme « un manque de respect », de ses propres mots selon Sonko.Â