Après les universités, c’est au tour des militaires invalides de hausser le ton. Ces derniers réclament le paiement de leurs pensions qui leur sont dues et menacent de descendre sur le terrain pour se faire entendre. Cette mobilisation intervient dans un contexte déjà explosif marqué par de violentes manifestations estudiantines qui secouent l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et l’Université Gaston Berger de Saint-Louis depuis le 6 février.
Une autre vague de mécontentement se prépare. Les militaires invalides, regroupés au sein du Collectif des anciens militaires invalides du Sénégal (CAMIS), dénoncent le non-paiement de leurs pensions d’invalidité. Ces prestations, pourtant légalement dues à ceux qui ont sacrifié leur santé au service de la nation, tardent à être versées, plongeant de nombreux bénéficiaires dans des situations de précarité. « Nous avons épuisé toutes les voies du dialogue. Si dans une semaine nos pensions ne sont pas payées, nous n’aurons d’autre choix que de manifester pour faire valoir nos droits », a confié un membre du collectif.
En effet, face à ce qu’ils appellent une inertie des autorités, ces anciens combattants n’excluent plus aucune option, d’autant plus que le Sénégal traverse en ce moment un climat social particulièrement tendu. Depuis plusieurs jours, les campus universitaires du pays sont le théâtre d’affrontements violents entre étudiants et forces de l’ordre. À l’UCAD comme à l’UASZ, les étudiants protestent contre la fermeture des restaurants universitaires décidée par les centres des œuvres universitaires en réponse aux « Journées Sans Tickets », un mouvement de contestation contre les retards de paiement des bourses et d’autres formes de revendications. La mort tragique d’un étudiant à l’UCAD le 9 février a davantage exacerbé les tensions, transformant la crise universitaire en drame national.