Sénégal : une trentaine de personnalités africaine demandent au président une suspension temporaire de l’application de la nouvelle loi sur l’homosexualité

Le 17 mai 2026, une lettre ouverte adressé au chef d’Etat Sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a été publié en ligne par l’avocate camerounaise, Alice NKOM. Dans cette missive, une trentaine de personnalité africaine demandent un moratoire sur l’application de la nouvelle loi sur l’homosexualité. 

Diverses voix africaines se sont réunies pour faire entendre leur inquiétude visant l’application de la nouvelle législation sur l’homosexualité. Voté le 11 mars 2026 au Sénégal, il est dorénavant décidé par le code pénal pour « actes contre-nature », ainsi que sont qualifiées les relations homosexuelles, des peines de prison de cinq et à dix ans. Une décision , qui bien que largement apprécié localement, connaît jusqu’à maintenant des oppositions et critiques internationales.

D’après le message partagé par Alice NKOM, l’écriture de cette lettre s’est faite à cause du climat social qui découle de cette initiative politique, des conséquences « déjà visibles et dramatiques « . « Un jeune homme, perçu comme homosexuel -à tort ou à raison- a été poignardé en pleine rue. D’autres ont été battus, emprisonnés, ou rejetés par leur famille et leur communauté. D’autres encore cherchent maintenant à fuir leur propre pays, le pays qu’ils aimaient. Dans le même temps, des personnes vivant avec le VIH, y compris hétérosexuelles, n’osent plus se rendre dans les centres de santé pour se faire dépister ou soigner, par peur d’être stigmatisées et arrêtées, ce qui est arrivé plus d’une fois. Les associations qui accompagnaient les personnes les plus exposées ne peuvent plus le faire. Cette situation risque d’aggraver la propagation de l’épidémie et d’accroître la morbidité et mortalité au Sénégal. « , peut-on lire.

Le panafricanisme inclut tout le monde 

La lettre n’est pas qu’humaniste, elle est aussi limpidement politique. À l’intérieur, les expéditeurs reviennent sur la teneur du terme « panafricanisme », rappelant que ce mouvement « repose sur l’inclusion de tous les Africains, du continent comme de la diaspora ». Les signataires du missive précisent plus adopter un panafricanisme de gauche qui selon eux, entend a fortiori émanciper tous les Africains, et « non enfermer en prison des adultes consentants qui ne nuisent à personne ».

Des exemples de panafricanisme émancipateur mariant parfaitement leur vision, ils présentent  des figures historiques majeures comme Nelson Mandela et Desmond Tutu, tous deux Prix Nobel de la paix, qui ont constamment lutté contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle. Ils y citent également le défunt révérend Jesse Jackson, décédé en février 2026 à l’âge de 84 ans, avec son mouvement Rainbow Coalition, qui avait inclus des personnes gaies et lesbiennes dans son combat pour l’égalité. 

« Nous faisons toutes et tous partie d’une même famille panafricaine. Et comme dans toute famille, des désaccords peuvent exister. Mais c’est par la palabre, sous le baobab ou ailleurs, que ces désaccords peuvent être discutés. C’est dans cet esprit que nous vous écrivons aujourd’hui », notent-ils.

Demande d’un Moratoire

Les personnalités africaines invitent les autorités sénégalaises à ouvrir un dialogue respectueux et constructif sur ces questions. Mais en attendant, elles appellent à l’instauration d’un moratoire sur les arrestations et l’application des peines afin d’apaiser les tensions et de permettre une réflexion collective.

Aussi, elles réclament le respect de la loi de mars 2010, relative au VIH-Sida,  et notamment son article 12, « car les tests doivent être effectués de façon libre et volontaire, et les résultats doivent rester confidentiels ».

« Nous tenons à le dire clairement : il ne s’agit pas ici de condamner le Sénégal, ni de nier sa souveraineté, qui doit être respectée. Mais le Sénégal est signataire de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et de la Charte des Nations unies, qui consacrent notamment le respect de la vie privée et le principe de non-discrimination. Dès lors, pourquoi le Sénégal refuse-t-il de respecter ses propres engagement africains et internationaux ? », notent-ils.

La lettre complète est accessible ici : Alice Nkom – Lettre ouverte au Président de la République du… | Facebook

 

Dernières infos

Partagez cet article

Interagissez avec nous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut