La Tanzanie a décidé d’interdire aux présences étrangères la propriété et l’exploitation de certaines petites entreprises sur son territoire. Le nouveau règlement, l’ordonnance sur les licences commerciales (interdiction des activités commerciales pour les non-citoyens) de 2025, a été officiellement publié le 28 juillet 2025, et a été signé par le Dr Selemani Jafo, ministre de l’Industrie et du Commerce.
D’après le gouvernement tanzanien, cette nouvelle restriction fait partie d’une initiative plus large visant à autonomiser les Tanzaniens sur le plan économique. La nouvelle réglementation concerne 15 secteurs, majoritairement à petite échelle, tels que les transferts d’argent par mobile, les services de guides touristiques, l’exploitation minière artisanale, l’achat de récoltes directement aux agriculteurs, les salons de beauté, les boutiques de souvenirs, ainsi que la création de stations de radio et de télévision. Ces secteurs, traditionnellement dominés par les Tanzaniens, sont considérés par le gouvernement comme essentiels à la création d’emplois et de revenus locaux.
Également, le règlement prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 10 millions de shillings tanzaniens (3 898 dollars) et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois, ou les deux, pour les contrevenants. De plus, les permis de séjour et les visas de ces derniers peuvent être révoqués. Les citoyens tanzaniens s’exposent aussi à des sanctions si jamais ils se permettent d’aider des non-citoyens dans ces activités réglementées, notamment une amende de 5 millions de shillings tanzaniens (1 949 dollars) ou jusqu’à trois mois d’emprisonnement.
Une conséquence sur les relations bilatéralesÂ
Avec au moins 40 000 Kényans vivant et travaillant en Tanzanie, dont beaucoup opèrent dans l’économie informelle, les nouvelles restrictions devraient affecter les moyens de subsistance et mettre à rude épreuve les relations bilatérales entre les deux nations.
D’ailleurs, le Kenya a officiellement protesté contre l’introduction par la Tanzanie de cette nouvelles taxe et restrictions en matière de licences visant les non-ressortissants. Dans un communiqué publié par le secrétaire d’État au Commerce, Lee Kinyanjui, les critiques sont fortes envers cette action, il affirme que ces mesures pourraient compromettre les progrès réalisés dans le cadre du programme d’intégration de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE).
« Le gouvernement du Kenya a toutefois noté avec inquiétude l’imposition de nouvelles mesures fiscales discriminatoires par la République-Unie de Tanzanie, qui menacent les gains commerciaux régionaux », a déclaré Kinyanjui, tout en précisant que son pays reconnaît et respecte les droits souverains des États partenaires de la CAE à légiférer sur les questions nationales, mais qu’il croit en « l’importance de la consultation, de la coordination et de la cohérence dans la mise en Å“uvre des politiques qui affectent le transfert transfrontalier de marchandises ».
D’autres États membres, dont le Rwanda, le Burundi, le Soudan du Sud, la Somalie et la République démocratique du Congo, pourraient également voir leurs ressortissants affectés.
La répression de la participation étrangère aux activités économiques à petite échelle fait partie d’une vague plus large de politiques économiques nationalistes sous l’administration de la présidente Samia Suluhu Hassan.