Tchad, Congo, Libye…Trump interdit l’entrée aux ressortissants de 12 pays, dont 7 du continent africain

Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret interdisant l’entrée aux ressortissants de 12 pays, arguant que cette mesure vise à protéger les États-Unis contre les “terroristes étrangers” et autres menaces sécuritaires. Cette décision s’inscrit dans une nouvelle offensive contre l’immigration, entamée en ce début de second mandat.

Les pays concernés par cette interdiction sont l’Afghanistan, le Myanmar, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Le décret impose également des restrictions partielles à l’entrée de ressortissants de sept autres pays : le Burundi, Cuba, le Laos, la Sierra Leone, le Togo, le Turkménistan et le Venezuela.

Trump a justifié sa décision en affirmant que les pays soumis à ces restrictions « présentent une forte présence de terroristes », ne coopèrent pas suffisamment en matière de sécurité des visas, ont des carences dans la vérification de l’identité des voyageurs, ne tiennent pas de registres fiables sur les antécédents judiciaires et enregistrent un taux élevé de dépassement de visas.

« Nous ne pouvons pas permettre une immigration ouverte en provenance de pays où il nous est impossible de procéder à un contrôle fiable et sécurisé de ceux qui souhaitent entrer aux États-Unis », a-t-il affirmé.

Il a également cité une attaque récente à Boulder, dans le Colorado, où un homme a lancé des cocktails Molotov sur une foule pro-israélienne, comme exemple de menace. Le suspect, un Égyptien nommé Mohamed Sabry Suleiman, aurait dépassé la durée de son visa touristique et disposait d’un permis de travail expiré. Par contre, l’Égypte ne figure pas parmi les pays visés par les restrictions.

Ceci explique cela

Donald trump ne manque pas d’explication pour défendre cette décision extrême.

Pour le cas du Tchad, ce choix est motivé par un « taux élevé de dépassement de durée de séjour, pour 2022 et 2023 », qui « est inacceptable et indique un mépris flagrant des lois américaines sur l’immigration », indique la Maison Blanche. D’ailleurs, depuis le 25 mars, la délivrance de visas américains aux ressortissants tchadiens a été suspendue pour une durée de 90 jours. 

Visant le Congo-Brazaville, Washington accuse les ressortissants du pays d’afficher « un taux de dépassement de délais de 29,63 % pour les visas B1/B2 et de 35,14 % pour les visas F, M et J ». Même grief pour la Guinée équatoriale, qui présente un taux de dépassement de durée de séjour pour les visas B1/B2 de 21,98 % et un taux de dépassement pour les visas F, M et J de 70,18 %.

Pour l’Erythrée, en plus du taux de dépassement de durée de séjour élevés, les États-Unis mettent directement en cause « l’autorité centrale pour la délivrance de passeports ou de documents civils en Érythrée », disant « s’interroger sur ses compétences ». Également, Washington accuse  le pouvoir en place de ne pas lui donner accès aux casiers judiciaires des demandeurs de visa érythréens et de « toujours refuser de reprendre ses ressortissants expulsés des États-Unis ».

Concernant la Lybie, son bannissement se justifie par l’inexistence d’une autorité centrale « compétente pour la délivrance de passeports ou de documents civils en Libye », alors que le pays, gouverné par deux exécutifs parallèles, l’un à Tripoli, dans l’Ouest, et l’autre dans l’Est, est toujours le théâtre de violences depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011. « La présence historique de terroristes sur le territoire Libyen amplifie les risques posés par l’entrée aux États-Unis de ses ressortissants », insiste l’administration Trump.

S’agissant de la Somalie, aux yeux de Washington, le pays ne dispose pas d’administrations efficaces « pour délivrer des passeports », ni de « mesures de filtrage et de contrôle appropriées ». Le pays « se distingue des autres par le fait que son gouvernement n’a pas la maîtrise et le contrôle de son territoire, ce qui limite considérablement l’efficacité de ses capacités nationales à divers égards ». Mogadiscio est également accusé de « toujours refuser de reprendre ses ressortissants expulsés [du territoire américain] ».

En plus des dépassements de durée de séjour, le Soudan, estime Washington, « ne dispose pas d’une autorité centrale compétente ou coopérative pour délivrer des passeports ou des documents civils, ni de mesures de contrôle et de vérification appropriées ». Ravagé par une guerre fratricide qui a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes et provoqué ce que l’ONU a décrit comme « la pire crise humanitaire » en cours dans le monde, le Soudan était déjà visé par le « Muslim ban » de 2017.

 

 

 

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