Le Ghana doit une grande partie de sa prospérité agricole à un homme : Tetteh Quarshie. Ce forgeron visionnaire est à l’origine de l’introduction du cacao dans son pays, marquant ainsi un tournant décisif dans l’histoire économique du Ghana. Son initiative, née d’un voyage en Guinée équatoriale, a permis au pays de devenir l’un des plus grands producteurs de cacao au monde.
C’est au cours d’une interview réalisée par l’équipe de Le Rouge que nous avons exploré l’histoire du cacao au Ghana. Né dans les années 1850 à Christianborg (Osu), Tetteh Quarshie se rend dans les années 1870 sur l’île de Fernando Po (aujourd’hui Bioko, en Guinée équatoriale). Sur place, il découvre la culture du cacao et en apprend les techniques de plantation, ainsi que les bienfaits nutritionnels et médicinaux du fruit. Séduit par le potentiel de cette culture, il décide de rapporter discrètement des fèves de cacao au Ghana en 1879, comme nous l’a-t-on rapporté.
En effet, selon l’histoire : « Dès son retour, il plante les premières graines à Mampong-Akuapem, une ville située à environ 30 km d’Accra. Cet acte marque le début de la culture du cacao au Ghana. » Aujourd’hui encore, l’une des premières plantations de Tetteh Quarshie existe toujours et constitue un lieu de mémoire important.
Un héritage toujours vivant
Lors d’une visite sur ce site historique, un étudiant gabonais nommé , Jean Junior, en séjour au Ghana (plus précisément à Accra) dans le cadre d’une formation d’immersion, a eu l’occasion de visiter la première ferme de Cacao au Ghana et a eu à partager avec *Le Rouge* les grandes lignes de cette histoire. Selon lui, il s’y trouvait dans le cadre d’une sortie scolaire. Accompagné de deux guides qualifiés de la ferme, il a pu découvrir l’histoire de cette plantation emblématique et a accepté de revenir sur les moments forts de cette visite :
« La ferme de cacao Tetteh Quarshie est la première du genre au Ghana, créée en 1879. C’est impressionnant de voir que certains des arbres plantés par lui existent encore aujourd’hui ! Le cacao ghanéen est reconnu pour sa qualité exceptionnelle. Contrairement à la Côte d’Ivoire, qui domine la production en quantité, le Ghana est leader en termes de qualité », a-t-il expliqué.
Une photo prise sur le site montre l’un des arbres d’origine, un véritable témoin du passé qui continue de raconter l’histoire de Tetteh Quarshie et de son apport à l’économie ghanéenne.

Le processus de production du cacao
Aujourd’hui, la production du cacao suit un processus bien structuré. « Après la plantation des graines, il faut sept ans pour qu’un cacaoyer devienne productif. Les fruits passent du vert au jaune à maturité, signe qu’ils sont prêts à être récoltés », explique Jean au bout du fil. Il poursuit : « Une fois cueillies, les cabosses sont ouvertes pour en extraire les fèves entourées d’une pulpe blanche sucrée. Celles-ci sont ensuite fermentées sous des feuilles de bananier pendant quelques jours, un processus essentiel pour le développement de l’arôme du cacao. Après séchage au soleil, les fèves sont triées, ensachées et vendues. »
Selon les informations recueillies sur place par notre source : « Un sac de 6,5 kg de cacao est actuellement estimé à environ 3 100 Ghana Cedis (environ 120 400 FCFA). La saison idéale pour la culture du cacao s’étend de juin à décembre, bien que certaines plantations proches des rivières puissent produire toute l’année. »
Un moteur économique pour le Ghana
Grâce à l’initiative de Tetteh Quarshie, le cacao est devenu le principal produit d’exportation du Ghana, faisant vivre des milliers d’agriculteurs et générant des milliards de dollars pour l’économie nationale. Cet héritage perdure à travers l’hôpital Tetteh Quarshie, une ferme de cacao portant son nom, et de nombreux monuments érigés en son honneur. L’impact de son action dépasse largement les frontières du Ghana et influence encore le marché du cacao en Afrique de l’Ouest.