Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées et belle-sœur du président du conseil des ministres Faure Gnassingbé, est soupçonnée d’incitations à la désobéissance au sein de l’armée. Une lourde accusation ayant menée à son arrestation.
Conduite dans un premier temps à la Direction centrale de la police judiciaire, Marguerite Gnakadé n’a plus jamais été revue en public après cela. En l’absence d’un communiqué officiel, et d’une précision de la justice, les acteurs politiques songent à des hypothèses pouvant exposer la raison derrière cette disparition.
En effet, madame Gnakadé avait publié ces derniers mois plusieurs tribunes dans lesquelles elle dénonçait la gestion du chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. D’après une source policière s’étant adressée à l’AFP, « elle a été interpellée pour des faits graves, dont sa dernière sortie à visage découvert incitant les militaires à la rébellion et à prendre leurs responsabilités« .
Pour Kafui Adjamagbo Johnson, de la coalition d’opposition Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), se dit bouleversée par cette arrestation, dénonçant une atteinte à la liberté et appelant à la libération immédiate de l’ancienne ministre. Quant à Nathaniel Olympio, porte-parole de du front « Touche pas à ma Constitution », « cette arrestation est complètement illégale parce qu’elle a été faite sans mandat ». Il cite : « L’arrestation de Mme Gnakadé suscite pour nous une grande indignation, parce que cette arrestation est la conséquence des critiques virulentes qu’elle porte contre le régime depuis ces derniers mois ». Selon lui, cette détention n’est aucunement surprenante puisqu’il s’observe ces dernières semaines une vague d’arrestations des jeunes, des arrestations préventives.