Le gouvernement togolais a lancé un mandat d’arrêt international contre plusieurs membres du mouvement citoyen M66, une organisation née dans la diaspora et rendue célèbre après les manifestations du 6 juin dernier, déclenchées par l’arrestation du rappeur contestataire Narcisse Essowè Tchalla, alias Aamron.
Le pouvoir togolais fait face à une résistance importante depuis le mois de juin. Déjà très réactif sur le terrain avec l’arrestation de 19 manifestants présumés, le gouvernement tente d’atténuer cette révolte en s’en prenant cette fois-ci directement à sa source, la plateforme Mouvement du 6 juin (M66).
Majoritairement animé par des blogueurs et des activistes basés à l’étranger, le mouvement citoyen M66 avait appelé à des journées de désobéissance civile les 6, 26, 27 et 28 juin. Des protestations qui avait pour cible la flambée des prix, la répression des voix critiques et surtout le passage en force de la nouvelle Constitution, adoptée en mai 2024 sans consultation référendaire, en rupture avec l’ancien texte. Et encore, la récente organisation exige particulièrement la démission de Faure Gnassingbé, devenu président du Conseil des ministres le 3 mai 2025, après le passage controversé du Togo d’un régime présidentiel à un régime parlementaire.
Les autorités togolaises ont confirmé le lancement de mandats d’arrêt internationaux contre les figures du mouvement. Selon l’hebdomadaire français Le Point, le ministre de la Sécurité Calixte Madjoulba, a durci le ton lors d’un échange avec la presse étrangère. « Les enquêtes se poursuivent. Il y a des mandats d’arrêt qui sont lancés », a-t-il déclaré, avant de prévenir, « les pays où ces gens-là résident sont appelés à collaborer. Quand on lance un mandat d’arrêt international, il doit y avoir une suite. Quel que soit l’endroit où ils se trouvent, on ira les chercher ».
De lourdes accusations
Le colonel Hodabalo Anate, ministre de l’Administration territoriale, évoque une tentative de déstabilisation régionale. « Cela relève globalement des tentatives de déstabilisation de la sous-région. C’est du terrorisme quand on invite les gens à la violence gratuite », il cite. Il assimile ces appels à manifester à une menace sécuritaire, argumentant que « les manifestations non autorisées ne peuvent en aucun cas être considérées comme des formes acceptables d’expression démocratique ».
Les autorités togolaises dénoncent des « manipulations » orchestrées depuis l’étranger par les membres du mouvement M66, tous issus de la diaspora, pour rien d’autre que d’ébranler l’ordre établi.