L’ancien chef d’Etat zambien Edgar Lungu, décédé le 5 juin 2025 d’une maladie rare de l’œsophage, sera enterré en Afrique du Sud au lieu de son pays natal en raison d’un désaccord entre sa famille et le gouvernement zambien au sujet de ses funérailles.
Après la soudaine disparition du politique de 68 ans, le processus de rapatriement de son corps pour l’enterrer en Zambie a été entaché par une amère querelle entre sa famille et le gouvernement zambien actuel. En effet, les proches de monsieur Edgar Lungu ont notamment exigés que le rival politique du défunt et actuel président de la Zambie, Hakainde Hichilema, n’assiste pas à ses funérailles.
Le porte-parole et avocat de la famille Lungu, Makebi Zulu, a déclaré que la décision de l’enterrer en Afrique du Sud était « conforme aux souhaits de la famille pour une cérémonie privée ». « Nous tenons à remercier sincèrement le gouvernement de la République d’Afrique du Sud pour son soutien respectueux et pour avoir honoré la décision de la famille d’organiser des funérailles et un enterrement privés en Afrique du Sud », a déclaré M. Zulu.
Jeudi, M. Hichilema, dans une allocution télévisée à la nation, a annulé le deuil national de 16 jours qu’il avait décrété auparavant, expliquant que le pays « ne peut pas se permettre un état de deuil indéfini ». « Nous avons fait tout notre possible pour impliquer la famille de notre défunt sixième président républicain, et nous sommes arrivés à un point où une décision claire doit être prise », a-t-il confié.
Une rivalité politique pesante
Edgar Lungu a dirigé le pays d’Afrique australe de 2015 à 2021, date à laquelle il a perdu le pouvoir au profit de M. Hichilema. Il reste une figure influente de la politique zambienne à l’approche des élections prévues pour l’année prochaine.
Lungu et Hichilema étaient des rivaux acharnés. Leur conflit a culminé avec l’emprisonnement de Hichilema en 2017, alors que Lungu était président. Hichilema a été accusé de trahison après que son cortège n’a pas cédé le passage au convoi présidentiel de Lungu.
L’année dernière, M. Lungu a accusé le gouvernement de M. Hichilema d’utiliser la police pour le harceler et limiter ses déplacements. Sa famille a également déclaré que le gouvernement l’avait initialement empêché de se rendre en Afrique du Sud pour y être soigné, ce que le gouvernement a démenti.