Dans une longue lettre publiée en ligne, sur son compte Facebook officiel, la politique Julia Chepete, membre du Parti du Congrès du Botswana (BCP), a vivement critiqué le président Duma Boko, l’accusant d’exploiter son jeune fils de seulement 10 ans à des fins politiques, après que ce dernier l’ait présenté comme son « conseiller politique » lors du récent congrès électif du Front national du Botswana (BNF) à Palapye.
L’ancienne candidate parlementaire pour Mogoditshane West, a tenu à s’ouvrir en toute honnêteté sur le récent geste du président du Bostwana, Duma Boko, lors du congrès électif du BNF. En effet, durant cet événement, pendant lequel se discutait par vote la nomination des nouveaux dirigeants du parti, le chef d’Etat Botswanais a laissé entendre à son public en plein discours que son fils Moono, 10 ans, était son conseiller politique. « Il est mon conseiller politique, analyste politique, il prête attention », a-t-il clamé.
Alors que ces paroles, qui se voulaient évidemment humoristiques, ont amusé la foule, Julia CHEPETE, elle, ne trouve pas ça « mignon ». Au contraire, elle désigne cette action de « profondément perturbante ». « Les enfants ne sont pas des accessoires pour le théâtre politique, pas plus que des pions dans un jeu de relations publiques conçu pour les « j’aime » et l’attention éphémère des médias sociaux », peut-on lire dans sa lettre.
D’après elle, et surtout entant que mère, le président Boko ne nourrit pas de manière correcte le développement de son enfant. « Vous exploitez, consciemment ou inconsciemment, son innocence pour un gimmick éphémère et mal conçu », l’accuse-t-elle.
Un gouvernement qui perd de son sérieux
En plus du choix parental, la lettre de Chepete conteste aussi ce qu’elle perçoit comme une crise plus large de leadership au Botswana. Elle a décrit ce moment comme un « coup populiste » et a déclaré qu’il reflète un gouvernement – et une opposition – qui n’a plus d’idées sérieuses pour relever les défis du pays. « C’est comme un aveu que vous et votre équipe avez épuisé vos réserves créatives et intellectuelles », elle souligne.
« Nous avons besoin d’un président qui s’engage dans le travail exigeant de la politique, de la reprise économique et du développement national, pas d’un président qui orchestre des tentatives élaborées, si transparentes, de détourner l’attention ».
La frustration de Chepete est commune à de nombreux Botswanais, eux aussi désappointé par la tournure outrageusement théâtrale de leur secteur politique ; surtout lorsque la nation est confrontée à des défis économiques.
Elle a terminé sa lettre par un appel direct à l’action : « Nos enfants, en particulier (et Moono inclus), méritent d’être protégés, nourris et autorisés à être simplement des enfants… Il est temps de cesser ces diversions, Monsieur le Président, et de revenir à l’affaire sérieuse et pressante de diriger le Botswana. ”