Reporters sans frontières (RSF) : la liberté de la presse dans le monde a atteint son niveau le plus bas depuis 25 ans

Ce jeudi 30 avril 2026, Reporters sans frontières (RSF) alerte sur une dégradation inquiétante de la liberté de la presse à l’échelle mondiale depuis 25 ans.

Dans un contexte de pressions politiques accrues, de dérives autoritaires et de fragilisation économique des médias, Reporters sans frontières (RSF) publie son 25e Classement mondial de la liberté de la presse. Cette nouvelle édition met en lumière une dégradation préoccupante des conditions d’exercice du journalisme dans de nombreuses régions du monde, malgré quelques progrès ponctuels. La situation des médias et des journalistes dans 180 pays se mesure à partir  d’une échelle « très grave » à « bonne »

Déjà, dans certaines nations, le journalisme est un métier désormais criminalisé. Si des journalistes sont toujours tués ou emprisonnés en raison de leur travail, les pressions économiques, politiques et juridiques s’intensifient, d’après l’ONG. L’organisation indique que 110 pays sur 180, soit plus de 60%, ont criminalisé les professionnels des médias sous différentes formes. Seuls sept pays, principalement nordiques, obtiennent une évaluation « bonne ». La Norvège, les Pays-Bas et l’Estonie occupent les trois premières places.

« Les attaques contre les journalistes se transforment. Il y a toujours des journalistes assassinés, toujours des journalistes en prison, mais les pressions sont aussi économiques, politiques, légales », souligne auprès de l’AFP Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF.

Cas en Afrique subsaharienne

En Afrique, la liberté de la presse reste globalement très dégradée. L’ONG rapporte que l’Érythrée (180e/180) reste le dernier pays du classement – détenant notamment les journalistes les plus longtemps en prison au monde sans procès, tel que Dawit Isaak.

Dans le Sahel, les régimes militaires du Burkina Faso (110e ; – 5), du Mali (121e ; – 2) et du Niger (120e ; – 37) restreignent fortement la presse au nom de la sécurité nationale, le Niger enregistrant la plus forte chute du Classement mondial en dégringolant de 37 places. « Certains pays étaient des fleurons de la liberté de la presse mais elle s’est profondément dégradée avec l’arrivée de régimes militaires « , ajoute Anne Bocandé.

Et enfin dans la région des Grands Lacs, en République démocratique du Congo (130e), au Burundi (119e) et au Rwanda (139e), des journalistes y sont régulièrement incarcérés, depuis plusieurs années.

Afrique du Nord

Pour RSF, c’est la région du monde – à coté du Moyen-Orient –  où la situation de la liberté de la presse est la plus catastrophique en 2026, avec 18 pays sur 19 en situation “très grave” (11) ou “difficile” (7).

 

 

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