Le mardi 18 mars, le mouvement citoyen sénégalais Y EN A MARRE a organisée une conférence de presse afin de contrer publiquement la loi d’amnistie proposé par le Pastef. Ces derniers exigent son abrogation totale.
Y en a marre exprime son ras-le-bol ! Lors d’une conférence de presse du 18 mars, les membres mouvement ont exprimés leur opposition à la loi d’amnistie proposé par le Pastef, justifiant ce rejet à cause d’un caractère sélectif qui, d’après eux, profite à certains acteurs politiques tout en ignorant les victimes. « Des Sénégalais sont morts, des biens ont été détruits, et le monde entier avait les yeux rivés sur nous. Et que fait Macky Sall ? Il propose une loi d’amnistie. Les Sénégalais s’y sont opposés, mais grâce à sa majorité mécanique, la loi est passée comme une lettre à la poste », a dénoncé le rappeur Thiat, responsable du collectif.
Leur exaspération ne s’arrête pas, puisque le président de la république Bassirou DIOMAYE FAYE et plus particulièrement son premier ministre, Ousmane SONKO, sont pointés du doigt pour avoir manqué à leur promesse ne datant pourtant que de l’année passée. « Lors de leur campagne, ils avaient promis une abrogation. Ousmane Sonko en avait même fait un cheval de bataille lors des législatives. Aujourd’hui, le Pastef, qui était contre hier, nous propose une loi interprétative à travers son député Amadou Bâ. Qu’ils nous respectent ! », a martelé Thiate.
Selon eux, Il faut abroger la loi d’amnistie pour trois points. « Premièrement, ces manifestations dépassent de loin le Pastef et tout autre parti politique. Ce sont des citoyens sénégalais qui ont été tués, torturés et envoyés en prison », signale Y en a marre. Ensuite, « justice doit être faite sur cette affaire. Donc, il est hors de question de circonscrire le champ d’action de la justice. Pastef veut dire à la justice qu’il ne faut pas regarder de ce côté », ajoute M. Kandji. Et enfin, la troisième raison est parce qu’il s’agit de « promesse présidentielle ». « Le président Diomaye nous avait promis qu’une fois au pouvoir cette loi allait être abrogée. Il nous avait promis qu’il serait au-dessus de la mêlée. Être au-dessus de la mêlée ne se limite pas à démissionner de son poste de secrétaire général, mais cela implique aussi de trancher quand il le faut, même si c’est à l’encontre de son parti », rappelle-t-il.
« Y’en a marre » invite ainsi l’ensemble des organisations de la société civile, les syndicats et les citoyens à se joindre au combat contre ce qu’il qualifie de recul démocratique. Une série d’actions citoyennes serait en cours de préparation, selon les leaders du mouvement.